jeudi, 10 septembre 2020 05:09

Abondance de sècheresse…

Abondance de sècheresse…

En France, le mois de Juillet 2020 a été le plus sec depuis 60 ans. Un record qui, cette fois-ci, se couple avec des pics de chaleur et des périodes de canicules plus fréquentes.
Sachant que 2019 a été en France une des années les plus chaudes jamais connues après 2018 et 2014, les températures moyennes augmentent aussi partout dans le monde puisque 2019 est l’année la plus chaude après 2016.

Cette série de records construit une tendance lourde. Le drame n’est pas dans cette sorte de compétition sans grande signification mais plutôt dans les limites de la résistance humaine qui se rapprochent inexorablement.

L’Homme étant un être vivant thermo-régulé à 37 degrés, sa capacité d’adaptation est viscéralement limitée. S’il fait très chaud il transpire de la sueur mais seulement à la condition que la température de sa peau reste inférieure ou égale à 35 degrés pour évacuer le trop-plein de chaleur vers l’extérieur du corps.
Sous nos latitudes encore favorisées par des technologies de climatisation seules les nourrissons et les personnes âgées sont particulièrement fragiles parmi les gens en bonne santé. Et pourtant des conséquences y sont déjà notablement visibles et connues.
Ce phénomène très sophistiqué de régulation thermique demande ainsi un apport en eau abondant pour maintenir l’hydratation des cellules de l’organisme.
Premier point d’achoppement critique : plus il fait chaud, plus on a besoin d’eau … mais dans la nature plus il fait chaud moins l’eau disponible circule puisqu’elle s’évapore dans l’atmosphère.
Deuxième source d’inquiétude globale : les régions dont les moyennes sont les plus chaudes, proches de l’équateur, sont aussi celles où il fait le plus humide … et pour activer son système de transpiration, l’air ambiant doit demeurer moins humide que le corps d’un humain comme d’ailleurs de tout animal à sang chaud.
Ailleurs sous des latitudes plus tropicales des records absolus de chaleur ont été battus en cette fin juillet 2020 avec quelques 53 degrés dans plusieurs régions habitées du Golfe Persique et ce, pendant plusieurs jours.

Je crains fort qu’une autre source de sécheresse nous guette : celle de nos esprits tempérés !

Bien incapables de réaliser le danger qui survient jusqu’ici, nous imaginons volontiers (au sens où nous nous racontons des fictions) des populations lointaines affrontant ces conditions presque invivables.
Or non seulement elles ne peuvent plus les affronter mais elles périssent ou migrent vers des terres moins hostiles peuplées de populations qui, elles, leur sont hostiles !
Le climat ne change pas à cause d’elles me semble-t-il … Pendant ce temps nous réchauffons la planète avec des combustibles fossiles !
Réveillons-nous enfin ! Réalisons que nous vivons dans une des régions du monde où l’eau est ordinairement abondante : il s’agit, de loin, de notre plus grande richesse ! Apprenons à réduire nos impacts pour la conserver pure et nous construirons, grâce à elle, une société mentalement plus vive et mieux irriguée, nous en aurons besoin.  

Serge Martinot
Président de la Fondation Eau Neige et Glace
www.fondation-eng.org

 

 

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.