mercredi, 07 novembre 2018 10:45

Novembre • Décembre 2018 édito

Novembre • Décembre 2018
 
P
révenir ou punir ?

Comment peut-on envisager de « régler les problèmes » en promettant l’intervention de nos forces de police voire de nos militaires, au sein des structures qui voudraient être éducatives pour nos enfants, nos adolescents, nos jeunes.…

La fessée, le martinet ont eu leur temps de gloire, ils ont même porté du fruit et les « grandes personnalités » de la fin du XXème siècle vous diront la dureté d’un système où parents, éducateurs et souvent religieux s’étaient donné le mot pour inculquer les valeurs conduisant aux vertus ! Il faut être courageux, travailleur, il faut aimer son prochain, aider le plus faible, il faut entretenir son corps, connaître les arts et il faut aussi une attention particulière à la philosophie et à la métaphysique et à la religion… “Alors tu seras un homme, mon fils !” Oui mais quelle place pour la tendresse, pour l’attention, pour un apriori bienveillant et confiant ? C’était il y a un peu plus de cinquante années, pas plus !

Il y a eu « mai 68 » et ses conséquences ont plongé les parents et les éducateurs dans une confusion jamais égalée. Rappelons que c’est au nom d’une fraternité internationale au nom d’un Jésus Christ « super star », arrangé et interprété bien faussement à la sauce « peace and love » que nous avons enclenché les premières vagues d’immigrations. Il faut dire que ces étrangers étaient les bienvenus dans une France à reconstruire après la guerre.

Ce mélange de cultures, de visions et de religions n’a pas été géré de façon raisonnée. Outre les conditions économiques qui ne sont plus celles de l’après-guerre, être obligés de faire cohabiter des personnes qui n’étaient pas appelées à vivre ensemble tient juste du miracle ! Cela fait pourtant partie des conditions de vie qui sont et seront les nôtres dans les années à venir. Nous devrons construire avec cette donnée nouvelle. L’émigration écologique n’est pas une vue de l’esprit : certaines parties du globe ne seront bientôt plus vivables et il faudra bien que leurs occupants cherchent un mode de survie au delà de leurs frontières, au delà des mers…

Ne nous faisons aucune illusion, les forces de police et le système juridique ne font absolument plus peur aux jeunes mineurs qui ont suivi et amplifié la démarche de leurs ainés. Sauf à décupler les moyens et à mettre en place un “ordre” qui pourrait rappeler certains épisodes bien noirs de notre histoire, les menaces ne serviront qu’à favoriser la violence accompagnant la haine de tout uniforme et de tout système “au service des nantis”.

Je suis un peu gonflé de critiquer sans apporter de piste pour résoudre le problème exposé.
Je ne connais pas de solutions mais existent-elles vraiment ?

Je n’ai qu’une simple conviction. Il faut tendre la main, oser le dialogue, oser la rencontre pour espérer être accueilli dans un monde peut-être différent du nôtre et digne de respect parce que souvent issu de la blessure, de la violence, du manque de confiance et de reconnaissance. Voilà LA démarche prioritaire !

Les média “se servent” dans une actualité qui fait le buzz ! Et pourtant, pendant cette fameuse dernière nuit d’Halloween, combien de rencontres, de sourires et de rires échangés dans des quartiers ou des hommes et des femmes, de plus en plus jeunes, ont appris et apprennent chaque jour que l’entraide et le soutien mutuel débouchent souvent sur de belles amitiés ou de belles complicités.
Merci à ces centaines d’associations qui le vivent et le proposent dans leur quotidien.

Il serait bien et bon que les autorités publiques consacrent une part des efforts “de guerres” prévus en apportant leur soutien à ces associations prioritaires.
Je n’ose pas citer ici celles que je connais pour ne pas risquer d’en oublier mais le nombre de structures qui proposent cette démarche sur Annecy se comptent par dizainessss.

Elle est là, notre réalité de demain à condition que les personnes qui “ont pris” le pouvoir acceptent de se remettre en question, sortent d’une vision étriquée, donnent au cœur la place que les événements nous enseignent de gré ou de force. Il est l’heure de ne plus parler d’élan de cœur mais bien de l’expérimenter en risquant l’inconfort mais quelle richesse au bout de la démarche.

Au risque de me répéter, ceci est avant tout une question “d’écologie intégrale”.
C’est bien d’abord parce que nous porterons une attention particulière au respect et à la dignité de notre frère, de notre voisin, de notre collègue de travail, de l’autre en toute circonstance que nous pourrons vraiment prendre soin de notre environnement, de “la maison commune”.

C’est aussi et dans une certaine mesure, en nous intéressant ensemble à notre planète que nous pourrons aussi vivre de belles rencontres et de belles amitiés.

Le mot “intégral” porte définitivement bien son nom. J’ai juste envie de le compléter en ce début novembre d’un autre mot : Solidarité !

A toutes et à tous,
bon mois de l’Economie Sociale et Solidaire !

Benoît

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.