vendredi, 03 novembre 2017 15:47

Un éco-infirmier dans le monde de la maladie

Un éco-infirmier dans le monde de la maladie
S
i, à la fin d’un documentaire sur une thématique du type : « Qu’est ce qu’on mange vraiment ? », vous vous êtes senti inquiet pour votre santé, celle de vos enfants ou de vos proches, c’est malheureusement bien logique...
On peut sérieusement se poser des questions de ce type... Ce qui est bien moins logique c’est qu’aujourd’hui, avide de solutions pour s’éviter toutes ces pollutions, les professionnels de santé que vous questionnez sur ces thématiques soient plus prêts à vous prescrire des anxiolytiques que de vous répondre précisément...
Et pour cause : ils ne sont pas formés (sauf trop rares exceptions) sur ces sujets. On pourrait même aussi dire que l’activité libérale des soignants n’est pas propice à prendre du temps pour accompagner leurs patients sur le chemin de la promotion de la santé...
Avons-nous vraiment un système « de santé » ? Ne serait-il pas plutôt un système « de maladie » ? Côtoyez-vous des soignants pour qu’ils vous accompagnent à rester en bonne santé.... ou qu’ils vous guérissent ?
Je pense que notre système de santé ne fait que gérer des crises sanitaires... Un exemple frappant est celui du « premier plan cancer » lancé en 2003. Il s’était donné des objectifs pour 2007 or la plupart des cancers se manifestent plus de 5 ou 10 ans après les expositions à des cancérigènes. Comment, dès lors, se fixer d’autres objectifs que la diminution du nombre de décès par cancer ? Il suffit pour l’essentiel de développer le dépistage précoce de ces maladies pour améliorer les chances de guérisons et donc en réduire la mortalité... Au final, l’objectif chiffré est : moins de morts par cancers... et pas moins de cancers.
En partant avec de telles données, nous avons déjà perdu la bataille ! Depuis ce premier « plan cancer », leur nombre n’a cessé d’augmenter : de 280 000 à lors à 385 000 nouveaux cas aujourd’hui.
J’ai donc voulu, il y a bientôt 30 ans, développer une activité auprès des soignants orientés vers la prévention de l’impact des pollutions sur notre santé... Une activité d’éco-infirmier attentif au respect de toute la biodiversité.
Les choses n’ont pas été simples. Mais, j’ai eu la chance de trouver le soutien et les encouragements de personnes qui ont cru en ce projet. Aujourd’hui, devant l’inquiétante progression des problèmes de reproduction, des maladies qui touchent les plus jeunes ou de l’emballement des maladies chroniques, les questions sur la responsabilité des pollutions de l’environnement deviennent criantes. Les soignants forts de leurs observations montent de temps à autres au créneau pour dénoncer cette grave crise sanitaire.
Mon activité d’éco-infirmier n’y suffit plus, les demandes de formations, de conférences explosent. Elles émanent d’associations, de collectivités, de mutuelles, d’établissements scolaires, d’établissements de santé... Nous avons d’ailleurs lancé une formation à destination principalement des soignants pour répondre à ces trop nombreuses demandes...
Il était temps : l’urgence sanitaire est criante, les attentes de la société sont énormes. Plus que jamais notre avenir est en jeu. L’heure d’un vrai système de santé est enfin venue...

Philippe Perrin - Eco-infirmier, formateur
Directeur de l’IFSEN
(Institut de Formation en Santé Environnementale)
04 79 88 99 67 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


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