vendredi, 03 novembre 2017 06:46

Nous sommes sortis pour vous...

Nous sommes sortis pour vous...

“Cirque ou scène rap : entre les deux...”


Q
u’on se le dise, le cirque “ce n’était pas mieux avant” ! Surtout quand on le ré-invente. C’est le pari cette année de la troupe de Gruss avec son show “Et on ré-inventa la cirque”. Depuis plusieurs années, le cirque Gruss ajoute une note contemporaine entre les numéros traditionnels qui lui ont valu ses étoiles...
Aux trapézistes gracieuses et tendres clowns, Gruss avait déjà ajouté des show laser sur fond musical électro-tech, mis à jour ses prouesses acrobatiques avec des mouvements proches de chorégraphies hip-hop, jusqu’à la désormais traditionnelle “cage à motos” dans une ambiance cyberpunk digne de George Miller. Non contente d’avoir fait évoluer cette idée du cirque depuis plus de 30 ans, la mise en scène ose le mélange des genres. Du mentaliste au contorsionniste, le spectacle prend une dimension nouvelle tout en respectant les codes qui valent au cirque ses lettres de noblesse. Le spectateur est doucement porté vers d’autres univers sans perdre ses repères, et petits et grands sortent du chapiteau la tête dans les nuages, des images plein les yeux, applaudis et remerciés par la traditionnelle “Allée des artistes”. Car si le fait de montrer des fauves ou autres animaux parfois traités, pour certains, comme bêtes de foires, faisant souvent l’objet de débats justifiés, n’oublions pas que le cirque cultive depuis toujours cette idée qu’il est avant tout une grande famille, où les “stars” n’ont que très peu leur place et où tous sont égaux et solidaires, unis vers un but commun : faire rêver son public.

Changement de décor, je me retrouve un mois plus tard au Brise Glace avec un vieux pote (et son fils de 23 ans !) pour un concert de vieux de la vieille, avec du bon vieux son... Bref une soirée “old-school” animée par des anciens de la scène américaine : les Delinquent Habits. Je crois que beaucoup de lecteurs sauront qui est Gruss mais resteront avec un gros point d’interrogation en lisant le nom de ce groupe. “Habitudes de délinquants” : un message non pas d’appel à la délinquance mais bien à la “désobéissance positive et constructive”, une idée que véhicule ce groupe de rap porto-ricain depuis plus de 20 ans et chère au fondement du mouvement Hip-Hop. Loin des clichés des artistes qui “représentent la rue” dans ses vices, ses gros bras, ses “biatches”, ses calibres (...), ce trio (amis des Cypress Hill, ça vous parle ? Non plus ?) qui a certainement un passé peu glorieux jusqu’au jour où il a découvert les valeurs de l’art urbain sous toutes ses formes, a su resté proche de son public avec un message identique à la génèse : énergique et positif, sur des sons colorés de culture latino qui font bouger nos têtes comme des coqs et vibrer nos cortex. à noter une belle surprise en première partie : Maïcé. Jeune artiste française qui rape en anglais sur des beats américains dans la pure tradition. à 18 ans, belle et pleine de vie, elle s’impose sur scène et fait rêver (voire fantasmer !) son public... à suivre !

Peace

Jérôme

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