lundi, 09 mars 2020 06:31

“Associations de lettres bienfaiteuses ”

“Associations de lettres bienfaiteuses ”

Je me demande parfois pourquoi nombre de mots de la langue française s’écrivent avec autant de caractères, souvent «muets» et logiquement «inutiles» à la compréhension.

Généralement la composition d’un mot est due à son origine, rappelez-vous vos lointaines leçons de langue morte du collège... Exemple avec le mot «Démocratie» que je choisis parfaitement au hasard. Ma prof d’Histoire, dont j’étais tombé amoureux et qui, de fait, arrivait à capter par moment mon attention, nous expliquait que ce mot (qui se prononce aussi « quarante neuf trois » dans certaine situation !) était issu de l’association de deux autres mots grecques : «Démo» qui signifie le Peuple et «Kratos», le pouvoir. Ceci donne le mot assez «simple» de «Démocratie» : le Peuple au Pouvoir.

On voit que le nombre de lettres est lié à une «logique» pour exprimer le «sens» d’une idée, même si elle n’est pas la même pour tous aujourd’hui...

Par contre ne me demandez pas pourquoi le «tie» se prononce «cie» ! Et pour les autres ?

Les lettres doublées, si nombreuses dans la langue française, seraient dues à l’appât du gain des moines copistes du Moyen-Age payés au nombre de lettres des manuscrits qu’ils retranscrivaient !

En 1608, Jérôme Hornschuch (Orthotypographia, réédition Éditions des Cendres, 1997, p.79), un de nos premiers correcteurs d’imprimerie, écrit à ce sujet : « [...] selon eux (les copistes), pour écrire de la façon la plus élégante, il faut augmenter chaque mot qui se termine par un “n” par la même lettre redoublée et mettre des “h” aspirés le plus souvent possible. De même, ils écrivent “ff” avec un tel espace entre les deux lettres qu’on dirait qu’elles présentent une ouverture assez large pour laisser passer un chameau… Et tout ça … pour gagner plus d’argent car chaque page vite remplie peut être vendue un denier la pièce » !

Quand l’appât du gain est la source de vos maux de tête !…

 

Bref, dans un autre registre et pour rester dans le domaine des lettres associées pour donner sens, penchons-nous sur l’« acronyme ». En voici un que je qualifierais de bien plus fun que les communs SNCF, URSSAF, BNP et COVID-19 mais c’est tout à fait personnel...

Dans l’ouvrage “La permaculture au jardin” (un bon point de départ pour qui veut s’essayer sur un bout de terrain), Damien Dekaz, l’auteur, nous expose le concept de la méthode Obrédim, un acronyme issu du génie civil anglais utilisé pour nommer une méthode de design et qui, dans le sujet qui nous intéresse, permet d’avoir une bonne méthode et comprendre un peu mieux ce qu’est le design en permaculture : Observation / Bordures / Ressources / Evaluation / Design / Implantation / Maintenance…

 

Pas suffisamment de place pour tous les décrire, prenons simplement le premier, très important : l’Observation. « Avant de commencer un design, il faut beaucoup observer, y consacrer une année dans l’idéal, pour voir toutes les évolutions entre chaque saison. Le climat, le vent, le gel, les orientations [...] Pensez aussi à identifier les endroits où vous vous sentez bien. »

Un an c’est long mais ça vaut le coup, même si ça n’évitera pas quelques surprises… Finalement, nous constatons que cette approche peut s’appliquer à tout autre projet, que ce soit professionnel ou personnel.

Prenons le temps d’observer avant d’agir, ne serait-ce que pour ré-apprendre à nous émerveiller de peu et à voir dans chaque manifestation de la Nature ou des rapports humains, un brin de magie et un potentiel de ouf !

A ce sujet je vous propose de vous renseigner sur deux autres acronymes assez sympa : SMART et… D-SID ! Concernant ce dernier, rendez-vous le 17 mars au Collège St Michel !

 

Jérôme Isard

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