jeudi, 14 mars 2019 12:32

Renoncer à l'idée de "progrès"… Marc Halévy

Renoncer à l'idée de "progrès"…  Marc Halévy
 

Sans nostalgie ni utopie, simplement renoncer à l'idée de "progrès".

 

Ni bon vieux temps, ni paradis promis, seulement comprendre que l'humanité a été trop loin et qu'elle doit impérativement changer son scénario de vie dont le mot-clé" n'est plus "progrès", mais "frugalité".

Cette notion de frugalité résume tout et doit s'appliquer à tout, à absolument tout et pas seulement aux consommations matérielles.

 

Frugalité consommatoire, bien sûr, mais pas seulement. Frugalité économique. Frugalité financière, Frugalité technologique. Frugalité démographique. Frugalité politique. Frugalité sociale. Frugalité relationnelle. Frugalité communicationnelle.

 

Ce "Principe Frugalité", comme je l'ai appelé* (en clin d'œil au "Principe Responsabilité" de Hans Jonas), se réduit, in fine, à ceci : vivre pleinement sa vie intérieure et très chichement sa vie extérieure. Tenir le moins de place possible dans le monde pour libérer du temps et de l'espace intérieurs.

Le seul progrès qui tienne, est d'abord spirituel et si peu matériel.

 

Le siècle et demi qui vient de s'écouler, a vu le "triomphe" du "progrès" matériel et du "progressisme" socialiste. Aujourd'hui, il est temps de faire les comptes et de payer la note. Et elle est salée … et bien amère.

Le prix à payer pour ce "progrès" a été exorbitant : en 150 ans, 80% des réserves de ressources non renouvelables ont été consommés, le dérèglement climatique est patent, la démographie globale est délirante (fois dix entre 1800 et 2050), la biodiversité s'effondre, la désertification avance à toute vitesse, les océans crèvent : la Terre se meurt et, avec elle, tout ce qu'elle porte, l'humanité comprise.

 

Et tout ça pour quoi ? Pour crever d'obésité, de diabète, de cancers, de pathologies allergiques … quand ce n'est pas de psychopathologies, de barbaries, de terrorismes, d'addictions délétères (notamment au numérique), etc …

 

En résumé, le "progrès" matériel s'est accompagné de cinq périls gravissimes :

 

1. Le péril écologique aboutit à l'épuisement de toutes les ressources non renouvelables et au dérèglement climatique irréversible.

2. Le péril numérique aboutit à une crétinisation grave de l'humanité et à sa mise en esclavage.

3. Le péril bureaucratique aboutit à une sclérose de toutes les organisations et au totalitarisme démagogique.

4. Le péril économique aboutit à une dictature des grands groupes financiaro-industriels et à la massification de tous les marchés.

5. Le péril narcissique aboutit à une humanité dégénérée et nombriliste où la violence, la vulgarité et la médiocrité font loi.

 

* Voir "Le Principe Frugalité" paru chez Dangles en 2010

 


Marc Halévy

 

 

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