lundi, 18 mai 2020 04:54

Quand la chair des poules mouillées aura des dents…

Quand la chair des poules mouillées aura des dents…

Etre une poule mouillée », « Donner la chair de poule », « Quand les poules auront des dents »…

Vous connaissez ces expressions et nous connaissons raisonnablement tous à peu près leurs significations.

 

Leurs origines ne sont pas toujours (voire rarement) définies et datées. L’une des particularités est celle de venir du peuple en majeure partie, de parfaits anonymes qui, en pleine situation inédite, conflictuelle ou heureuse, ont laissé parler leur imagination pour « sortir » ses mots comparables à une « punchline » dans le jargon HIP-HOP. Rendons hommage à ces artistes inconnus, dont les héritiers ne perçoivent aucune Royal Ties, et qui ont permis, en outre, de nous régaler des « Tontons flingueurs » ou autres perles du cinéma d’Audiard. Ce dernier avait pour habitude de se poser en terrasses des cafés de Panam, pour écouter ces conversations chargées d’expressions qui allaient alimenter les dialogues de ses scénarios. Laquelle est votre préférée ? Moi c’est « Les cons, ça osent tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît ! »

 

Mais revenons à nos moutons, non, à nos poules.

Avant de dire « Quand les poules auront des dents » on disait « Quand les poules pisseront » car les poules n’ont pas de vessie, même si elles font quand même pipi, heureusement ! En Angleterre, on dit « When pigs fly », je vous laisse apprécier cette vision de cochons volants. « Une vraie poule mouillée » expression attestée à la fin du XVIIème siècle, désigne une personne peureuse car comme tous les oiseaux, la poule surprise par la pluie ne peut pas bouger car les barbes de ses pennes sont mouillées, ce qui lui donnerait cet air d’abattement et de honte.

A cette heure, je recense près de 80 expressions ! Pas la place de toutes les citer, gardons pour finir : « Les poules pondent par le bec » signifie qu’il faut les nourrir, le célèbre « Roule ma poule » des années 50, qui n’a de raison d’être que le jeu de la rime, et celle que mon papa me disait souvent « On dirait une poule qu’a trouvé un couteau », je vous laisse traduire à votre guise.

 

En permaculture, la poule a une place de choix.

 

Prenez au minimum deux poules car elles supportent difficilement la solitude. 2 à 3 poules suffisent pour une petite famille, chacune pouvant fournir de 140 œufs par an. Cependant il y a toujours un « creux » de production, situé à la fin de l'automne et au début de l'hiver : optez pour les races ayant une réputation de pondeuses d'hiver.

 

Un coq ? Pas nécessairement et vos voisins apprécieront. Les œufs que nous mangeons au quotidien sont « clairs », non fécondés. Ceci dit le coq peut stimuler la ponte et pis c’est « classe ». Et de grâce ne stockez pas vos œufs au réfrigérateur : vous en avez vu un dans le poulailler ?

 

A propos du poulailler, il est essentiel et si vous comptez le construire, pensez « confort et pratique ». Il doit comprendre un pondoir et un perchoir, et être sécurisé contre le renard et la fouine, cette dernière étant capable d’entrer par des trous de souris ! Placez-le dans un endroit du jardin au calme, abrité du vent et des intempéries, pas trop éloigné de la maison pour pouvoir vous y rendre facilement. Prévoyez aussi un enclos, toujours contre le renard et pour la sécurité de votre potager !

 

Enfin : prenez soin d’elles. Toujours à boire, de l’eau propre, en quantité et à manger : les poules sont omnivores, vous pouvez leur donner, en plus des graines quotidiennes, les restes de vos repas. Ramassez les œufs régulièrement, renouvelez souvent la paille et tenez votre poulailler propre, entre autre pour limiter les poux rouges et poux broyeurs, des parasites hyper résistants qu’on combat difficilement (voire « Terre de diatomée »). Et elles ne doivent pas rester cloîtrées dans le poulailler : faites leur prendre l’air chaque matin.

 

En conclusion, il est étonnant de voir que la poule a accompagné l’Homme presqu’aussi longtemps que le chien, pour quitter son chemin à l’arrivée de l’exode rurale et revenir aujourd’hui avec l’exode urbain et de manière massive en moins de 2 mois de confinement : les vendeurs de gallinacés n’en ont jamais autant vendu qu’en ce moment !

Etait-ce déjà un projet que la période a fini de faire murir ou une simple lubie ? Le fait est que la démarche et la responsabilité ne sont pas les mêmes : il faut un minimum de matériel, d’organisation… et beaucoup d’amour !

 

 

Jérôme Isard

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