mardi, 19 mai 2020 08:47

Le chiffre « 3 »…

Le chiffre « 3 »…

Permettez-moi de vous partager ce que je crois avoir saisi de ce que les chrétiens appellent le Mystère de la Trinité. Avant d’entrer dans cette tentative, je vous invite à noter que ce chiffre « 3 » se retrouve dans toutes les traditions ou sagesses à travers le temps.

Le chiffre « 3 » est le chiffre de l’Amour, tout simplement pour qu’il y ait relation, échange, partage puis fécondité. Nous le vérifions à travers nos données humaines.

 

Dieu EST de toute éternité et il est plénitude d’Amour, c’est sa nature profonde. Il est la perfection, la puissance et l’on peut rajouter tous les qualificatifs en leur adjoignant tous les superlatifs nous en seront toujours qu’aux balbutiements de ce qui peut Le qualifier ou Le définir !

 

Dieu EST, dans la pleine conscience de QUI IL EST. Il aime ce qu’il est (difficile de faire autrement !).

Cette conscience de ce qu’il est, le conduit à expérimenter puis à « contempler » ce qu’il est.

 

En se contemplant tel qu’il est, Dieu engendre une Image de lui-même, un Logo, un Verbe.

C’est un peu comme si Dieu se regardait dans un miroir. L’image produite sur la glace est tout Lui et, en même temps, ce n’est pas Lui ! Nous voilà donc en présence de deux entités qui n’en sont qu’Une seule ! Première étape vers la Trinité !

 

Pour nous aider à comprendre, la Tradition chrétienne propose l’analogie avec la dimension de paternité et de sentiments filiaux.

Le « Père » engendre le « Fils » : une altérité du « Père » tout en étant complètement Lui-même.

Cherchez l’erreur ! Il n’y en a pas, nous sommes simplement dans l’ordre du Mystère.

 

Certaines traditions orientales vont proposer un schéma qui peut s’en rapprocher : le Yin et le Yang, différents l’un de l’autre et pourtant tellement identiques.

La comparaison peut se poursuivre par la notion d’Unité.

Le Yin et le Yang composent ensemble un Tout dans un symbole où, l’un intégrant l’autre et réciproquement, ils produisent l’Unité.

 

Dans la Tradition chrétienne, l’Unité passe par la puissance de l’échange, de la relation et de l’amour partagé entre ce « Père » et son « Fils ». Cette énergie d’amour, puissante, permanente, sans cesse renouvelée depuis toute éternité, est personnifiée dans le pneuma, le Ruah, le Souffle : l’Esprit Saint.

Ainsi est proposé le mystère de la Trinité.

Je ne résiste pas ici à faire une parenthèse sur laquelle nous reviendrons : le coronavirus touche le souffle, les poumons… !)

 

La symbolique de cette paternité de Dieu est forte mais elle a, dans notre longue histoire occidentale, présenté un inconvénient majeur. En effet, je pense que l’évolution de la pensée chrétienne et l’organisation sociétale qu’elle a induite, ont fortement influencé une vision très patriarcale de nos constructions familiales, éducationnelles, politiques, entrepreneuriales… avec, entre autres, le déséquilibre « homme/femme » qui se révèle fortement aujourd’hui. Ce n’est probablement pas un hasard si la figure de la Femme a pris une place particulière à travers le culte de La Vierge Marie chez les cathos !

 

Autre déviance probable issue de cette vision patriarcale, c’est l’image proposée d’une Dieu-Père, « tout puissant créateur de l’Univers », omnipotent, juge et parfois cruel de sévérité et de corrections infligées. Cette interprétation est favorisée par les écrits de l’Ancien Testament qui sont si difficiles à accueillir compte tenu de l’expression de la violence dans certains chapitres.

En revanche, la Tradition un peu oubliée, présente aussi, et surtout depuis le message de l’Evangile, un Dieu « doux et humble de cœur » et « miséricordieux ». Un bébé dans une crèche qui, lui-même, invite à redevenir comme des petits enfants !

 

Il faut insister sur une dimension essentielle qui caractérise ce Dieu : la kénose.

Ce mot, d’origine grec, désigne la propriété d’un être qui, de nature supérieure, est aussi un être qui s’abaisse, s’efface en se donnant et en se mettant au service de l’autre. C’est le récit du lavement des pieds le soir de la Cène. Jésus qui se reconnait “Maître et Seigneur” est celui qui prend le linge pour se faire serviteur de ses disciples.

On peut, une fois encore, trouver une analogie dans la parentalité : la mère ou le père ne sont-ils pas souvent prêts au sacrifice pour leur « petit ».

 

C’est une dimension que l’on retrouve dans la vision trinitaire du Dieu chrétien.

 

Dans la Trinité, au moment de l’engendrement de cette image dans le miroir, le Père s’efface en désirant se donner entièrement au Fils, allant même jusqu’à oser la dépendance.

 

En effet, parce que l’Amour du Père est total et inconditionnel, il va jusqu’à oser un éventuel refus du Fils. La liberté pleine et entière va jusqu’à cette prise de risque.

Dieu qui aime est un Dieu qui ose et accepte la dépendance !

 

 

On retrouve cette audace incroyable dans la création de l’Homme à qui Dieu propose un amour et donc une Liberté de même nature, de même intensité et tout aussi engageante.

 

 

C’est cette Liberté qui est proposée à l’Homme.

 

 

 

 

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.