mardi, 14 mai 2019 05:05

Mai • Juin 2019 édito

Mai • Juin 2019
 
"I

l est où le bonheur, il est où ?… ”

Revendiquer, c’est prétendre à une situation plus favorable en lien avec une décision qui dépendrait d’une autorité qui aurait, elle-même, la capacité de répondre à une demande formulée.

La grande question que tout le monde se pose aujourd’hui : « Jusqu’où et jusqu’à quand les « gilets jaunes » vont-ils donner ces rendez-vous sabbatiques ? Ils vous répondront : « Jusqu’à ce que nous ayons obtenu ce pourquoi nous revendiquons ! ».

Ils demandaient, pour les plus défavorisés, de pouvoir boucler les fins de mois dignement sachant que, dans l’ombre et souvent avec pudeur, certains peinent sans oser le montrer.
C’est cette belle démarche de solidarité nationale qui a obtenu un soutien massif au démarrage de ces manifestations.

Pourtant, et après plusieurs milliards d’efforts consentis en réponse à l’aspect tragique de certains samedis, il semblerait que le compte n’y soit toujours pas ! Pourquoi ?
Parce que la France, comme une grande partie de l’Occident, a perdu ses repères. A ne chercher qu’une satisfaction immédiate et sans effort de nos besoins plus ou moins primaires, notre patrie s’est appauvrie dans tous les domaines où elle avait excellé : la culture, l’éducation, les techniques, les sciences et la médecine, le sport…
« Tout, tout de suite » ! C’est la promesse d’un libéralisme inconscient qui, dans sa soi-disant recherche de « profit à partager » a cultivé les injustices et inégalités, a dégradé notre écosystème au point de non retour que nous avons atteint !

Et maintenant ? Le peuple demande des comptes et il a raison mais les comptes qu’il demande sont teintés d’une vengeance et d’une compensation probablement méritée mais qui ne peuvent plus être le chemin de cette égalité espérée.

Nous sommes tous appelés à un ajustement en accueillant la sobriété de Pierre Rabhi ou la frugalité de Marc Halévy.

« Consommer moins mais mieux” ! Ce slogan s’adresse à tous avec un “moins”, “beaucoup moins” pour les plus aisés.

La liberté ne consiste pas en le fait de se comparer ou de comparer sa situation financière ou matérielle à celle de notre voisin. Il y a plus de bonheur sur les visages d’habitants de certains pays défavorisés que dans le regard des français, premiers consommateurs au monde d’anxiolytiques !

Il est où le bonheur, il est où ?

Il n’est probablement pas dans un « Travaillez plus » qui résonne d’abord comme une nouvelle agression à l’encontre de notre Maison Commune, notre cosmos, (sauf à prioriser ce « Travaillez plus » dans une transition écologique pour le « coût » elle-même prioritaire).

Il est d’abord dans le désir et le choix posé de tendre une main, d’offrir un sourire, un pardon …
Nous le savons bien et sommes nombreux à en être persuadés mais le train de nos vies nous aveugle !
Le bonheur est dans cette vie intérieure qui révèle la merveille que nous sommes en profondeur et qui peut se révéler dans le silence et la splendeur de notre temple intérieur.

Faudra-t-il que d’autres cathédrales s’effondrent encore pour que l’argent s’avère disponible ?
Faudra-t-il des manifestations encore plus tragiques pour que ces mains tendues et ces montants partagés deviennent un choix et un style de vie à la française ?
Faudra-t-il frôler la catastrophe écologique, la guerre civile, un nouveau crash bancaire, pour que les nantis poursuivent et pérennisent cette prise de conscience ?

Notre Dame de Paris propose des messages autrement plus puissants que ceux traduits par les masses d’argent rendues disponibles pour sauver ou reconstruire des pierres !
Notre Dame de Paris, c’est un appel à partager avec le plus pauvre, c’est un appel à faire mémoire d’une histoire de France qui réclame sa couleur spirituelle.
Notre Dame de Paris, c’est une invitation à cette Eglise de France à réaliser que le faste est néfaste ! “Il est fini le temps des cathédrales”, la spiritualité peut et doit se vivre aujourd’hui dans le temple de la Nature, au cœur de nos foyers de vie ou de travail, dans le secret d’une chambre …

Que faudra-t-il enfin pour que chacun de nous sache se contenter du minimum pour que la fraternité ne soit plus un vain mot ?

Benoît

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