jeudi, 17 mai 2018 09:48

Demain ne sera pas comme Hier…

Demain ne sera pas comme Hier…
L
es étapes successives qui ont jalonné l’histoire du cosmos sont aujourd’hui connues des experts qui les ont étudiées : nanosphère (création de la lumière), lithosphère (création de la matière plus dense), biosphère (la vie sous toutes ses formes), sociosphère (organisation des êtres créés) et aujourd’hui noosphère (voir Teilhard de Chardin, sj).
En l’espace de quelques décennies, l’évolution a été réellement exponentielle avec, en particulier, le développement du numérique. Nous ne pouvons plus ni analyser, ni réfléchir, ni travailler, ni éduquer, ni nous organiser comme avant parce que l’ancien système ne fonctionne plus. Je parle de nos organisations pyramidales bien sûr mais cela va même au delà. Nos repères très cartésiens ont besoin d’un effet produit par une cause initiale connue et maîtrisable mais ils ne peuvent plus être les critères d’une réussite. Ces repères doivent eux-mêmes être révisés pour rester dans la cohérence de nos données de vie actuelles.

L’ « efficacité » doit faire place à la « fécondité ».

Il y a dans cette nuance une moindre implication du « faire » laissant la place à un paramètre plus subtil, plus profond où nos œuvres à mettre en place ne sont plus totalement maîtrisées de façon cartésienne. Les critères de la réussite ne sont plus principalement extérieurs. Certes, le beau et le fonctionnel doivent accompagner nos réalisations mais leurs valeurs intrinsèques reposent sur une dimension plus cachée, plus intérieure, plus profonde. Il nous faut accepter que demain l’émerveillement et la joie de participer à un projet (quelle qu’en soit sa nature) se vivront au travers de cette noosphère déjà évoquée : un univers invisible empli de nos idées, de nos connaissances, de nos envies, de nos pensées, de nos intentions qui, toutes partagées dans un élan fédérateur et complice présentent une énergie à la disposition de « tous les hommes de bonne volonté ».

Nous retrouvons bien là l’image de notre semence. Le projet qu’elle contient demeure longtemps caché, invisible et il n’est pas question d’aller la déterrer pour analyser ce qui se passe sous peine de stopper le processus de croissance. Il y a lieu de rester dans la confiance. « Le paysan ne se retourne pas sur ce qu’il vient de semer ». Il sait que le fruit à venir ne lui appartient pas totalement, qu’il est dépendant d’une dimension qu’il ne maîtrise pas. Il doit composer son projet dans la Confiance, dans l’Espérance et dans la Bienveillance.

Théologalement vôtre !

Benoît

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