lundi, 22 juillet 2019 13:29

Juillet • Aout 2019 édito

Juillet • Aout 2019
"J'

en perds ma culture… ”

La visite de son exploitation et la rencontre avec Laurent* proposées par La Gentiane, monnaie locale du bassin annécien, a eu l’effet d’un coup de tonnerre ! C’est le cas de le dire, j’avais rarement vu autant d’eau descendre du ciel aussi violemment en si peu de temps.

La permaculture est une véritable révolution tranquille. Elle nous invite à reconsidérer tous nos vieux réflexes et à en expérimenter de nouveaux. Une sorte de conversion !
Prendre le temps de penser et organiser la future production voire la recherche d’une pointe d’esthétisme pour permettre le beau au milieu de cette fécondité promise.
Cesser de labourer ou de passer le motoculteur alors que c’était LA corvée initiale au printemps avant toute intervention au jardin. Laisser pousser une mauvaise herbe pour lui donner de remplir tout son rôle et ne pas forcément intervenir “malgré les apparences”…

Oser le rapprochement de deux espèces, utiliser la rigueur et la dureté d’un plan de maïs pour « tuteurer » la folie et la légèreté d’un haricot baladeur !
Utiliser l’eau de pluie récupérée et ne s’en servir qu’en cas de besoin sans la gaspiller.
Ne trouvez-vous pas que les analogies possibles avec notre quotidien sont curieusement nombreuses et éloquentes ? Ne pourraient-elles pas être de belles et bonnes consignes pour la beauté de notre quotidien ?
Jugez plutôt !


Prendre le temps, avant de travailler, se poser pour déterminer non plus le « Pourquoi ? » mais bien le « Pour quoi ? ». Prendre ce temps de silence, de vacuité (vacances) pour que, de cette intériorité, « germe » la prochaine récolte porteuse de sens ! ETRE vraiment à la recherche du beau, du bon, du bien, du vrai avant de vouloir le faire !

La nature est ainsi faite, elle a besoin de temps. Toute démarche ou produit promettant une récolte précoce évoquent la fragilité d’un être qui ne serait pas allé « à son terme ». Sachons prendre le temps dont nos métabolismes et dont nos relations humaines ont besoin. La violence, l’agression, le « pousse-toi de là que je m’y mette » sont nos modes de vie au quotidien. Produire massivement, violemment, sans même se préoccuper de la souffrance potentielle que ces « méthodes » peuvent engendrer évoque la radicalité d’un labour puis le traitement d’une terre qui n’a rien demandé de plus que le respect de sa biodiversité. Le sol pour vivre a besoin de tous, petits et grands, beaux et moches, consommables et in-mangeables parce que chacun a sa mission. Quelle est la place de nos anciens, quelle est la place du plus fragile ou du handicap ?

Et si l’on parlait « migration » ? Si les cigognes étaient désormais interdites de séjour sur les clochers de nos églises de France, comment pourraient-elles livrer les enfants qu’elles ont la charge d’acheminer ? ☺
La vie a besoin de l’accueil de tous comme les salades ont besoin de la présence des choux, comme les haricots vont apporter l’ombre dont leurs frères poireaux ont besoin !
Quelle belle complémentarité et complicité possibles. C’est l’expérience qui conduit souvent le « permaculteur ». C’est la porte ouverte et l’expérience qui confirmeront le « vivre ensemble » possible ou pas, plutôt que de fermer la porte sans avoir tenté la rencontre.

Je termine avec l’eau pour évoquer la canicule. Il existe des moyens expérimentés pour conserver l’humidité et la fraicheur au jardin. Il en est de même à la maison avant de pousser la clim ou de libérer des m3 d’eau potable, souvent à des fins d’irrigation ou de nettoyage.

Quant à ceux parmi vous qui sont responsables d’équipements dénommés « piscines privées », rappelez-vous que vous n’êtes pas des poissons (piscus) et que cette eau leur est réservée prioritairement. Demain cet « or transparent » devra être plus largement protégée et même partagée.

N’y a-t-il pas quelque chose à inventer dans votre quartier pour demain ? …

Notre métabolisme le réclame et la nature nous l’offre. A nous d’être vigilants pour la préserver, qu’elle soit eau du lac, de nos rivières, torrents ou sources que vous croiserez durant vos vacances que nous vous souhaitons « pleines de sens ».

Benoît

* Laurent Thierry : Le Paysan du Marais - 74 210 Doussard
Tél : 06 29 93 37 21 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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