mercredi, 11 juillet 2018 10:12

“Ne pas attendre d’être devenu pour Etre”

“Ne pas attendre d’être devenu pour Etre”
J
e crois que c’est le panneau dans lequel je suis tombé et dans lequel j’ai eu tendance à rester pendant presque soixante ans !
« Dès que j’aurai une belle situation, dès que je serai marié, dès que j’aurai une belle maison, dès que les enfants seront grands, dès que je serai guéri… ». Je pourrais sûrement écrire quelques pages de « dès que », j’y ai passé ma vie !

Et bien non, il n’y a pas besoin d’être devenu (grand, sage, riche, cultivé, responsable, performant…) pour « être ». Et dire que toutes les traditions ou sagesses de toutes tendances et cultures nous le répètent depuis des millénaires.

Ça m’a fait « tilt » lors d’une retraite spirituelle le mois dernier.
« Ne pas attendre d’être devenu saint avant de désirer le devenir »… C’est aussi le même type de langage employé par Ekkart Tollé dans sa proposition de Pleine Conscience !
Je ne suis pas attendu dans ce que j’ai été ni dans ce que je dois devenir : je suis attendu dans le moment présent.

Il me semble juste incroyable que je ne sois pas capable d’entrer plus facilement dans cette proposition qui est pourtant accès à un havre de paix, de quiétude, de sérénité, à ces moments tant recherchés et espérés, au cours de ces heures, jours, semaines qui passent et qui me dévorent dans mon quotidien !

Je me suis tellement compliqué l’existence en particulier depuis que je mentalise (voir La Puissance du Moment Présent du même Ekkart Tollé).

Je cherche à me justifier d’être devenu celui que je parais être, sans être sûr que ce soit bien moi-même ! Du coup, celui que je pense être va s’employer à être accepté, accueilli, aimable pour être aimé (voir la théorie de Carlo Moïso : le prince, le crapaud et le masque).

Quand je prends le temps de me poser dans l’ici et maintenant (oraison, méditation), je réalise avec effroi que je passe la plupart de mon temps (et parfois sans même m’en rendre compte), à anticiper ce que je vais dire, faire ou paraître et surtout en me persuadant d’être dans une légitimité ou dans une justification qui m’autorisent un tel mécanisme.

Notre monde, nos civilisations se sont créées sur cette énorme méprise. Nous bâtissons sur ce que nous croyons devoir devenir au lieu de nous arrêter dans le moment présent pour, avant tout, être celui ou celle que nous sommes !
Et la question arrive systématiquement : « Il faut que je commence un travail sur moi pour enfin me connaître ! ».

Je pense qu’il faut une attention particulière dans ce travail à accomplir « sur soi » !
Bien sûr qu’elle est précieuse cette démarche de mieux se connaître. Notre histoire est si lourde de blessures et de manques d’amour qu’il nous faut bien souvent l’accompagnement d’un professionnel pour avancer.

Dans ce travail entrepris, il peut y avoir « un mieux » temporaire qui interviendra grâce à une conjugaison intéressante entre les domaines physique et psychique. On voit bien l’effet d’une séance de relaxation sur le mieux-être de la personne et ceci est loin d’être négligeable. Mais est-ce suffisant ?

Je crois que la dimension intérieure est une part de nous-mêmes qui trop souvent se trouve négligée.
Si l’on n’entre pas rapidement dans cette invitation à goûter au moment présent. Si nous attendons X séances d’accompagnement et sous Y conditions pour visiter cette intériorité, alors nous allons attendre longtemps une réelle et surtout pérenne amélioration.
Cette dimension que l’on appelle “spirituelle” fait peur car elle est assimilée trop facilement à la notion de religions et en particulier aux institutions qui les représentent. Pourtant, tout en respectant les chemins de chacun, il y a lieu de croire que cette spiritualité comprise en profondeur dépasse les structures qui les animent et permet même la communion entre elles.

Belles vacances “intérieures” à chacun d’entre vous !

Benoît

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