jeudi, 23 janvier 2020 15:26

Culture et perma-culture

Culture et perma-culture
 
C

’est la zone !

Je souhaite vous parler ici d’un thème cinématographique qui me tient à cœur : le fantastique, avec un petit flashback, qui parlera à nos lecteurs et lectrices les plus « vieux » (dont je fais partie !), autour de la première série à avoir fasciné nombre de télé-spectateurs en abordant ce thème : « The Twilight Zone ». Traduit en français par « Quatrième dimension » (probablement plus vendeurs que « Zone Crépusculaire ») cette série ne bénéficiait certainement pas des budgets alloués au blogbuster actuels nécessitant de gros moyens de post-prod en effets spéciaux.

Chaque épisode est unique, ce qui d’ailleurs définit son œuvre comme « série » (terme dévoyé aujourd’hui pour ne pas parler de « feuilletons » terme trop ringard pour vendre du « Game Of Thrones »), les histoires ne se suivent pas, il y a un début et une fin, vous n’êtes pas obligé de voir les 248 saisons pour comprendre ! Et donc, comme Rod n’a pas le budget de GOT, il ruse avec une écriture où tout tient dans le script, la mise en scène, la bande son et la métaphore : pas besoin d’effet spéciaux pour illustrer la télépathie, un peu comme Darth Vader (réel nom de Dark Vador) qui utilise la force pour immobiliser un adversaire. Ajoutons que Rod choisit bien ses thèmes, généralement sous forme de critique de la société américaine, avec une signature particulière : une chute qui cloue le spectateur, à base de conspiration ou de morale. Comment Rod Serling, le créateur, a-t-il réussi à nous plonger dans un univers parallèle et irréel, sans effets spéciaux, sans violence, sans sexe (normal on est en 1952) et sans vider les caisses d’Hollywood ? En brisant les codes établis d’une société rationaliste, en dotant certains personnages de pouvoirs extra-sensoriels (télépathie, télékinésie…) et donc extra-ordinaires, en plaçant le quidam en situation improbable et donc en transportant le télé-spectateur, qui s’identifie, hors de sa « zone de confort »...


Côté permaculture

Dans un registre tout aussi fantastique mais bien réel et pragmatique, le terme de « zone » ou « zonage » est essentiel en permaculture. Une fois que vous aurez admis qu’un projet permaculturel s’articule autour d’un design bien réfléchi, voici un premier moyen de penser votre espace (le second moyen sera révélé dans le prochain numéro, oui c’est une saga addictive, pire que Netflix, ).
En permaculture, le zonage consiste à classer les éléments de votre terrain de 0 à 5 en fonction de leur taux de fréquentation et de leurs besoins en entretien :
- zone 0 : le lieu où vous passez le plus de temps. Non il ne s’agit pas des toilettes mais bien de votre maison !
- zone 1 : les lieux que vous visitez souvent, comme le chemin qui mène à la maison, à la boite aux lettres, aux compost pour vider vos toilettes sèches (et oui, finies les chasses d’eau !) et plus généralement les éléments qui impliquent un entretien régulier : potager, poulailler, serre...
- zone 2 : les éléments qui demandent quelques visites : petits fruitiers, petits bassins...
- zone 3 : ceux qui ont encore moins besoin de présence : grands fruitiers, haies, jacuzzi (non pas jacuzzi, c’était juste pour vérifier que vous suiviez !)
- zone 4 : les éléments qui nécessitent peu de soins : arbres pour bois de chauffe, lieux de récolte de champignons, plantes sauvages...
- zone 5 : la zone sans contrôle, généralement une forêt dans laquelle il est possible de se promener et d’observer.
Et là vous me dites « Vous êtes bien gentil mais personnellement j’ai pas 50 hectares ! » ce à quoi je réponds « Moi non plus et je suis déjà heureux de pouvoir imaginer mon projet jusqu’à la zone 2 ! ». C’est un privilège de pouvoir bénéficier d’une maison sur un terrain, surtout dans notre région. Personnellement j’ai cette chance mais aussi parceque j’ai fait des choix : une petite maison (85 m2 pour 4 !) avec le minimum d’objets, une petite voiture juste ce qu’il faut pour effectuer des trajets vraiment nécessaires, une dynamique tournée vers les 3M (Moins Mais Mieux) dixit marc Halévy (hé vous avez vu qu’il venait en Annecy ?) et de la sim-pli-ci-té qui n’empêche surtout pas la richesse !

Jérôme Isard

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