lundi, 07 janvier 2019 14:52

Janvier • Février 2019 édito

Janvier • Février 2019
 
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Tentons d’analyser la situation.

Elle était, hélas, annoncée de longue date.

Elle confirme l’obsolescence de nos organisations pyramidales. Elle confirme aussi un pouvoir qui bascule vers le peuple doté maintenant de nouveaux moyens de connaissance et de communication…

Il a suffit de quelques messages sur les réseaux sociaux pour créer le mouvement des « Gilets jaunes » comme il suffit aussi de quelques secondes pour que des casseurs puissent s’organiser et intervenir au cœur de notre capitale.

- La complexité est énorme et la situation ne s’analyse plus dans une approche cartésienne avec comme outils des chiffres, des ratios issus de statistiques qui ne sont pas fiables puisque chaque minute, heure ou journée apportent leurs lots de données nouvelles à intégrer.

- Monsieur Macron ne pourra pas rester à la tête de ce gouvernement sachant que c’est moins sa personne ou celle du Premier Ministre qui sont en cause mais plutôt le « système » lui-même. Ils auront beau faire, vouloir revenir en arrière, les français ne veulent plus de cette organisation.

- Il y a dans le mouvement des « Gilets jaunes » les prémisses d’une belle aspiration à ce que l’on appelle la gouvernance partagée ou « sociocratie » … Nous ne l’obtiendrons pas en claquant dans les doigts et le chemin qui y conduit sera semé d’embuches, de contradictions et d’inconforts.

Elle est pourtant la bonne et la seule issue acceptable !

- Les violences ne se calmeront pas avec la promesse de supprimer les 6 centimes prévus sur le litre d’essence au 1er janvier d’autant plus que la transition écologique n’est pas du tout une option !!! La COP24 nous le confirme sévèrement.

- De plus, les français n’accepteront plus désormais que Monsieur Carlos Ghosn puisse gagner plus d’un million d’euros par mois ou que Neymar fasse l’objet d’un transfert de 220 millions d’euros !

- Enfin et c’est encore plus délicat, va très bientôt arriver sur la sellette la remise en cause du système monétaire et bancaire national et international.

Il est entre les mains aujourd’hui des réels acteurs et profiteurs du système en place. Cette minorité de spéculateurs privilégiés règnent de façon sournoise sur l’ensemble de la planète. Cet état de fait est considéré comme incontournable et établie sans que personne ne puisse y toucher sous peine d’écrouler le château de cartes qui constitue notre économie mondiale. Demain, au risque du pire, le peuple osera allumer la mèche !

C’est inévitable !

Ce ne sont ni les politiques, ni les banquiers ni les décideurs actuels ni personne d’autres que les français eux-mêmes (et bientôt tous les hommes de bonne volonté sur cette planète) qui pourront faire quelque chose pour « inventer demain ! ».

Je crois qu’il n’y aura pas d’évolution possible tant que notre pays (ou l’Europe) fonctionnera à coups de lois ou d’interdictions. Elles ne seront pas acceptées surtout si elles sont inacceptables !

C’est à Kylian Mbappé, à Antoine Griezmann, à Olivier Giroux, à N’golo Kanté, c’est à Yannick Noha, à Gaël Bonfils, c’est à Eric Antoine, à Pierre Palmade, à Gérard Depardieu et à Brigitte Bardot… C’est aussi aux patrons des plus belles entreprises de France que revient la belle charge de proposer le changement attendu.

Ce n’est que dans une démarche volontaire et solidaire que les personnes les plus favorisées peuvent et doivent changer les données de notre pays. Bien souvent, dans la vision actuelle de notre économie, ils ont mérité leurs succès par des efforts et des risques encourus. Mais cette façon de considérer le développement de notre société n’est plus acceptable !

Le paradigme nouveau dans lequel nous entrons (forcés ou pas !) consiste en une vision nouvelle des notions de propriété, de richesse, d’un « donner » qui s’avère plus profitable qu’un « recevoir » ! Ces éléments nouveaux viennent colorer l’apprentissage de notre futur « vivre ensemble » à l’image de ce que l’on appelle par exemple « l’Economie Sociale et Solidaire » qui embellit nos quotidiens d’initiatives bien plus riches que toutes les « performances du CAC 40 ».

L’idée force de cette nouvelle proposition est un désir commun (communautaire ?) de vouloir œuvrer pour la Maison Commune. La solution passe par l’accueil de la part des plus favorisés de cesser arbitrairement d’en gagner toujours plus !

L’idée est que chacun d’entre nous, avec notre histoire, avec nos talents et même nos faiblesses, avec ce que nous sommes, nous “prenions soins de tous et de tout, toujours” (écologie intégrale).

Il n’y a plus d’alternative possible.

Les moins favorisés, les plus faibles, les plus fragiles auront à cœur de collaborer en fonction de leurs données personnelles.

Ceux qui gagnent ou qui ont reçu beaucoup plus que la moyenne accepteront de partager le super super flux en créant un fond de solidarité issu de leur compréhension généreuse.

Cet effort accordé serait l’occasion de tester une gouvernance partagée par la manière d’utiliser et de répartir ces masses monétaires non plus dans une démarche de simple équité cartésienne qui est dépassée mais dans un souci d’améliorer les conditions de vie de tous au sein de cette Maison Commune !

Ce ne serait pas Bercy qui gèrerait ces montants mais bien un collectif de femmes et d’hommes représentatifs de notre pays dans la démarche de management participatif comme elle est réclamée (merci à certains gilets jaunes !).

Nous sommes acculés à une nouvelle forme d’organisation non pyramidale. Et comme elle ne se mettra pas en place du jour au lendemain, il nous faut cheminer par des expériences concrètes d’où jaillira l’esprit moteur de cette nouvelle gouvernance à inventer dans la sociocratie.

Nous sommes forcés d’intégrer une énorme prise de conscience (et elle a déjà commencé !) : nous devons changer totalement nos modes de vie, nos comportements et venir goutter individuellement et collectivement à une dimension nouvelle ou renouvelée, une dimension de vie intérieure qui nous propose d’être reliés à nous-même, aux autres et à une dimension de transcendance qui lui apporte tout son sens en particulier dans la difficultés à surmonter.

Et pour « l’Amour de Dieu », ne recommençons pas les conneries d’hier !

« Etre relié » qui est l’origine du mot « religion » ne peut être récupéré par personne !


Benoît

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